Devenir pharmacien-entrepreneur titulaire par la reprise d’une officine en Bretagne !
La Bretagne : terre de pharmaciens entrepreneurs !
La Bretagne possède un maillage territorial présentant de nombreux atouts malgré les défis d’optimisation à venir :
1. Effectifs et répartition des pharmaciens
- 1 297 pharmaciens inscrits en activité en Bretagne.
- 1 015 officines réparties sur la région.
- 61 % de femmes et 39 % d’hommes parmi les titulaires.
- Âge moyen des titulaires : 50,1 ans.
- 18 % de pharmaciens titulaires ont moins de 40 ans.
Répartition des pharmaciens de 40 ans et plus par département :
- Côtes-d’Armor (22) : 37 pharmaciens
- Finistère (29) : 54 pharmaciens
- Ille-et-Vilaine (35) : 67 pharmaciens
- Morbihan (56) : 61 pharmaciens
2. Statut juridique des officines
- 63,9 % des pharmacies sont exploitées en SEL (Société d’Exercice Libéral).
- 19,5 % sont en SARL (Société à Responsabilité Limitée).
3. Pharmaciens adjoints
- 1 296 adjoints en exercice.
- 81,9 % de femmes et 18,1 % d’hommes.
- Âge moyen des adjoints : 44,9 ans.
- Moyenne : 1,3 adjoint par officine.
4. Densité et évolution du nombre d’officines
- 30 officines pour 100 000 habitants en Bretagne, contre 31 officines en moyenne nationale.
Évolution du nombre de fermetures d’officines :
- 2018 : 16 fermetures
- 2019 : 11 fermetures
- 2020 : 11 fermetures
- 2021 : 9 fermetures
La Bretagne présente une profession de pharmacien marquée par une forte proportion de femmes, notamment chez les adjoints. Les formes juridiques évoluent vers des structures plus modernes comme les SEL. On observe une légère érosion du nombre d’officines, bien que la Bretagne conserve une densité proche de la moyenne nationale.
Le vieillissement de la profession (âge moyen de 50 ans pour les titulaires) pourrait poser un défi de renouvellement dans les années à venir, surtout dans certains départements plus touchés par cette tendance.
✅ Enjeux futurs : renouvellement des titulaires, attractivité du métier pour les jeunes générations et stabilité du maillage territorial des pharmacies !
Reprendre un officine en Bretagne
Lors de l’acquisition d’une pharmacie d’officine, les pharmaciens disposent de plusieurs ressources de financement : apport personnel, financement bancaire, financement du stock (crédit vendeur) et diverses aides à l’installation. En général, l’apport personnel représente environ 18 % du prix d’achat, tandis que le financement bancaire s’étend sur une durée de 12 ans. Les aides à l’installation jouent également un rôle crucial dans la facilitation de l’acquisition et la pérennisation de l’officine.
Structure et propriété de l’officine
Le pharmacien doit être inscrit en section A et peut investir via une société (SEL ou SPFPL) à condition d’exercer dans une officine. Il est important que le pharmacien titulaire ou sa holding détienne la majorité du capital de l’officine. Pour encadrer une association, il est conseillé de rédiger un « Pacte d’associés » et un « Règlement intérieur » avec l’aide d’un expert-comptable, avocat ou notaire spécialisé. L’objectif à terme est que le titulaire devienne autonome financièrement en possédant la totalité du capital.
Durée et modalités de l’association
La durée de l’association est généralement fixée entre 5 et 8 ans. Il est essentiel de déterminer les modalités financières de sortie à l’avance, intégrant une résolution annuelle lors de l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) pour évaluer la valeur de l’officine, ainsi que des clauses de préemption et d’agrément en cas de cession. Le titulaire doit surmonter la difficulté de payer son travail tout en démontrant la rentabilité de l’investissement à l’investisseur.
Boosters d’apport des groupements ou grossistes
Certains groupements de pharmaciens ou grossistes répartiteurs proposent des « boosters d’apport » pour assurer la pérennité de leur réseau et attirer de nouveaux adhérents. Ces boosters, d’une durée de 5 à 15 ans, prennent différentes formes : prêts classiques, participatifs, in fine, avec différés d’amortissement, obligations simples (O.S.) ou obligations convertibles en actions (O.C.A.). Ces derniers peuvent se transformer en actions, changeant le prêteur en associé, bien que la législation actuelle limite l’accès au capital des officines aux seuls pharmaciens.
Montants et garanties des boosters
Le montant du prêt accordé est souvent le double ou le triple de l’apport du pharmacien ou de l’investisseur. Il peut être octroyé à la pharmacie, à la holding du pharmacien ou au pharmacien titulaire à titre personnel. Les boosters d’apport non pharmaciens prennent souvent la forme d’O.S. ou d’O.C.A. avec un intérêt annuel, misant sur une évolution législative future ou une prime de non-conversion (P.N.C.).
Solutions de boosters d’apport par d’autres organismes financiers
Des organismes financiers, comme Interfimo (Propuls’IF), offrent des solutions de « boosters d’apport » avec un différé de remboursement, réservées aux pharmaciens à titre personnel. Par exemple, l’emprunt obligataire simple de la CAVP, financé par le fonds InterPharmaciens, permet de tripler l’apport initial jusqu’à 500 000 euros, avec un prêt sans garantie d’une durée de 15 ans et une franchise de capital de 12 ans à un taux d’intérêt de 4,50 %. Cependant, ce type de financement comporte des contraintes, notamment en matière de distribution de dividendes et de blocage des comptes courants d’associés.
Avantages et inconvénients des boosters d’apport
Avantages :
- Réduction des coûts bancaires : Les boosters s’appuient sur des signatures solvables, réduisant ainsi les coûts proposés par les banques partenaires.
- Augmentation de la marge de manœuvre financière : Grâce au différé d’amortissement du capital, ils augmentent la marge de manœuvre financière pendant les premières années d’exploitation.
- Amélioration du taux de rentabilité interne : Les différés de remboursement augmentent la rentabilité interne en allégeant les charges financières initiales.
- Facilité d’accès au financement : Certains boosters permettent une amélioration apparente de l’endettement ou de l’apport, facilitant l’accès au financement.
Inconvénients :
- Contraintes juridiques et contractuelles : Selon les cas, les boosters peuvent comporter des contraintes liées à la structure juridique (SAS/Obligataire) ou nécessiter la signature de contrats spécifiques (adhésion à un groupement, choix des établissements bancaires).
- Taux élevés et contre-garanties : Les taux d’intérêt peuvent être élevés et certaines formules exigent des contre-garanties et des frais de dossier.
- Diminution de la capitalisation lors de la revente : En différant les remboursements d’emprunts, la capitalisation du pharmacien diminue au moment de la revente.
- Inflation des prix de cession : Les montages financiers de plus de 12 ans peuvent entraîner une inflation des prix de cession.
- Contournement de la législation : Certains montages financiers (OS/OCA/BSA) peuvent contourner la législation pharmaceutique.
L’acquisition d’une pharmacie d’officine implique divers moyens de financement et aides à l’installation, chacun avec ses avantages et inconvénients (lire notre article sur l’anticipation et la préparation à la reprise d’une officine). Il est crucial pour les pharmaciens de bien comprendre les implications de chaque option, de planifier soigneusement leur association et de choisir les solutions de financement qui correspondent le mieux à leur situation et à leurs objectifs à long terme. La préparation et l’accompagnement par des professionnels spécialisés sont essentiels pour naviguer dans ce processus complexe et garantir la réussite de l’installation.